L’hydrogène, l’énergie du futur ?

L’hydrogène est-elle une source d’énergie ou un vecteur d’énergie ? Les controverses sur l’exploitation de l’hydrogène nous mettent encore une fois face à nos responsabilités vis-à-vis des générations futures.
L’hydrogène est le premier élément, représenté par la lettre majuscule H dans le tableau périodique. C’est le combustible des étoiles, l’élément constitutif de l’Univers à partir duquel tout est créé par fusion nucléaire. Et même si l’Univers a plus de 13,5 milliards d’années, on estime que l’hydrogène représente 88% des atomes qui le composent.
Malgré son abondance, l’hydrogène ne se trouve pratiquement jamais sous sa forme naturelle (H2) sur Terre. La plupart du temps, il est combiné à d’autres atomes.
Il faut donc l’extraire, en utilisant de l’énergie, pour isoler les atomes d’hydrogène.
L’hydrogène n’est pas une source d’énergie.
Ceci signifie que l’hydrogène n’est pas une source d’énergie en lui-même, à l’exception de la fusion nucléaire ou de l’hydrogène blanc (poches naturelles d’hydrogène). Il s’agit plutôt d’un vecteur d’énergie. Comme l’électricité, l’hydrogène doit être transformé en utilisant de l’énergie. Notre soif de toujours plus d’énergie et de puissance crée l’illusion que l’hydrogène peut être une nouvelle source d’énergie verte abondante, alors qu’il n’est qu’un vecteur, utilisant de l’énergie et des ressources déjà précieuses, pour complexifier encore plus un système qui est déjà interdépendant de trop de choses.
En effet, les méthodes d’extraction de l’hydrogène peuvent générer une production non négligeable de CO2 et nécessitent beaucoup d’électricité renouvelable, ne serait-ce que pour répondre aux besoins actuels en l’hydrogène de secteurs cruciaux comme la production d’engrais (NH3 ou ammoniac) ou d’acier. En fait, l’extraction de l’hydrogène est un processus complexe et gourmand en énergie, ce qui en fait une substance extrêmement volatile, un bien précieux.
Avons-nous réellement besoin d’hydrogène ?
Avant de commencer à construire des centrales à hydrogène partout, tout en rêvant que l’hydrogène alimente tout ce que nous utilisons aujourd’hui, comme les voitures, les avions, les camions, le chauffage domestique ou la cuisine, nous devons réfléchir au coût réel des opérations. Si nous ne le faisons pas, nous nous heurterons rapidement à un mur technologique et physique, après avoir gaspillé une grande quantité d’énergie et d’investissements. Sans compter les impacts éthiques, sociaux et environnementaux de ces nouvelles productions.
Cette course technologique semble n’être qu’une fuite pour ne pas prendre en compte la réalité. Nous vivons dans un monde fini dont les ressources sont limitées. Et nous atteignons aux limites de ce que notre société peut extraire de la nature, et encore à quel coût ! Ce déni de la réalité nous permet d’éviter de nous confronter à ce dont nous avons réellement besoin. Nous fuyons la remise en cause de nos modes de vie, de la nécessité de renoncer au superflu et à un confort qui n’est pas soutenable.
En ce qui concerne la vie matérielle, ne vaudrait-il pas mieux être plus conscient de notre environnement et simplifier les choses en acceptant une nouvelle forme de sobriété, suivant en cela les conseils des philosophes (1) ?