Derniers articles

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    L’esthétique du chaos

    « Je soupçonne que notre siècle turbulent, outre la révolution technologique, pourrait apporter quelque chose de plus important : le signal du début d’un nouveau niveau de l’évolution biologique humaine, au terme duquel le mathématicien marchera aux côtés du poète » Nicholas Tabakis (1) Aujourd’hui, il semblerait que l’esthétique s’inspire de la coexistence harmonieuse de l’ordre et du désordre de la Nature. Cela s’applique à de nombreux domaines dont l’architecture, la physique quantique et la géométrie fractale. Selon la conception platonicienne, la Nature est l’expression corporelle et vivante du monde archétypal et idéal. Cette ligne de pensée a exercé une influence considérable sur toute l’histoire de la philosophie de l’esthétique jusqu’à nos jours. L’ordre de la nature L’homme a toujours observé la nature, les étoiles, les cristaux et le cosmos en général avec une profonde admiration, supposant qu’ils se comportent et sont régis par des lois harmoniques préétablies. On considère que les…

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  • Revue

    Louis XIV : L’absolutisme au rythme des arts

    Par l’union de la musique, de la danse et du pouvoir, le Roi-Soleil a fait de Versailles le théâtre d’une révolution culturelle dont l’écho résonne encore aujourd’hui. Le 5 septembre 1638 naissait un monarque dont le nom resterait indissociable de l’éclat artistique : Louis XIV. Plus qu’un simple protecteur, le « Roi-Soleil » fut un amateur éclairé, héritier de la culture musicale de son père Louis XIII et de l’éducation raffinée de son parrain, le cardinal Mazarin. Pratiquant la danse deux heures par jour, jouant du luth et de la guitare, Louis XIV n’envisageait pas les arts comme un simple divertissement, mais comme une pierre angulaire de son pouvoir politique. L’art comme instrument de règne Dès 1665, la construction du Château de Versailles répond à cette ambition : offrir un écrin aux plus grands génies du siècle. En instaurant un système de mécénat inédit, offrant des revenus réguliers aux artistes, le Roi…

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  • Revue

    Maître Eckhart : La Sagesse au fond de l’âme

    « Un grand maître dit : tout ce qui se trouve porté vers l’intérieur par les sens, cela ne parvient pas à l’âme ni dans la puissance supérieure de l’âme. Saint-Augustin dit, et aussi Platon, un maître païen, dit que l’âme a en elle-même tout savoir ; c’est pourquoi elle n’a pas besoin de tirer dans le soi le savoir à partir de l’extérieur, mais c’est à partir de l’exercice du savoir extérieur que devient manifeste le savoir qui est naturellement caché dans l’âme ; comme un médecin qui certes purifie mon œil et ôte l’obstacle qui m’empêche de voir, ne donne cependant pas la vue à l’œil. »Maître Eckhart. Sermon 36b Philosophe de l’âme et poète de l’Absolu, Maître Eckhart (1260-1328) ne propose pas une simple doctrine religieuse, mais un véritable chemin de vérité pour l’homme en quête de son identité profonde. Huit siècles nous séparent de la figure de Maître Eckhart, dont la…

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  • Revue

    Éditorial : Quand l’épreuve réveille les âmes

    Vivre avec le confort comme unique horizon, chercher seulement à se protéger de l’effort, de l’incertitude et de la contrainte : voilà ce qui semblait encore hier être une évidence indépassable. Il semblait même acquis que la solidarité n’était plus qu’une affaire d’État, une simple ligne budgétaire ou un périmètre ministériel et l’idéal une utopie. Pour certains esprits pessimistes, nous n’étions plus que des individus-consommateurs, inutiles les uns aux autres, enfermés dans un monde clos, sans possibilité réelle d’agir ni de peser sur le monde. L’irruption des incendies en plein mois de juillet a brutalement rebattu les cartes. Elle a rendu évidente une réalité bien différente. Quand rien n’est plus prévisible face à l’épreuve, que ce qui semblait acquis vacille, quand le quotidien est balayé et qu’il faut faire face, autre chose apparaît. Alors, sous la surface de l’indifférence surgit une humanité intacte, portée par un besoin immense d’être utile…

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  • Histoire

    Ulysse, un héros à l’âge de bronze

    « L’Odyssée », film de Christopher Nolan (1), nous plonge dans la mentalité de l’âge du Bronze. Un grand nombre de spectateurs sont surpris par la violence qui s’exprime dans le film, mais celle-ci est propre de l’époque de la Grèce mycénienne. Elle n’est pas si différente de la violence subie par les populations civiles dans les guerres d’aujourd’hui ; simplement dans la plupart des cas, nous n’avons pas accès aux images. La mentalité de cette époque était bien loin de notre morale moderne : elle n’était pas gouvernée par l’empathie ou la justice au sens actuel, mais par la force, l’honneur, la réputation personnelle et le destin.La société de l’âge du Bronze en mer Égée était une aristocratie militaire et administrative, centrée sur des palais. Ses piliers mentaux et éthiques étaient la quête du timê (honneur/reconnaissance sociale) et kleos (gloire éternelle). Honneur et gloire Le timê était la valeur…

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  • Revue

    Cosmologie et mythologie polaires

    Les Inuits, dont le nom signifie « les vrais hommes », ont façonné une culture d’une originalité radicale en s’adaptant à une nature splendide mais sans concession. Dans cet environnement où la raison vacille face à l’imprévisible, ils ont développé une métaphysique vaste qui unit l’art de la survie à une compréhension profonde des lois invisibles de l’univers. L’Occident a longtemps observé le chamanisme arctique avec une curiosité teintée de scepticisme. Pour le chaman, la lévitation, la vision nocturne, la métamorphose, la rencontre avec les esprits, la vision télescopique, la clairvoyance ou le voyage sur la Lune ne sont pas des curiosités folkloriques, mais des outils d’une science qui échappe au cadre cartésien. Le paradoxe est frappant : des individus survivent là où la raison affirme l’impossibilité, grâce à des moyens jugés « fantomatiques ». Pour saisir la culture inuite, il faut donc mettre de côté nos préjugés et accepter…

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  • Revue

    Renoir : la peinture comme un art du lien

    « — Un mot, si on résumait Renoir ? Que dirions-nous : un œil, une main, une sensibilité ?— Et la joie de vivre ! Et l’amour ! L’amour de la nature et l’amour du prochain. Je crois que l’œuvre de Renoir est basée sur l’amour, c’est pour ça que nous l’aimons. »  (1) Le musée d’Orsay a organisé une exposition exceptionnelle qui se termine le 19 juillet, sur le peintre Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), sous un angle un peu inattendu mais très révélateur : Renoir et l’Amour. À la différence de ses propres amis, comme Monet ou Courbet, Renoir traite ce sujet avec pudeur et empathie. Il s’agit pour lui de saisir ces moments furtifs où les êtres humains créent des liens de tendresse, d’empathie, et pourquoi pas d’amour. Il fait partie des grands peintres de ceux que le poète Baudelaire avait appelé les « peintres de la vie moderne » (1860-1880). À aucun moment il ne cherche la…

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  • Revue

    Florence et l’Académie néoplatonicienne

    L’imminence de la chute de l’Empire byzantin au XVe siècle suscita un mouvement de transfert d’idées et de connaissance qui eut un impact considérable sur la philosophie et la culture européennes. En 1438, face au harcèlement ottoman, l’église orthodoxe de Byzance accepte l’idée d’un concile de la réunification des Églises d’Orient et d’Occident dans l’espoir d’une croisade salvatrice. Après d’intenses et délicates négociations, deux délégations se rencontrèrent sous l’autorité papale à Ferrare. Après une opération diplomatique magistrale de Cosme de Médicis et face à l’épidémie de peste sévissant à Ferrare, le concile fut transféré à Florence. Dans la chapelle florentine des Médicis (1), Benozzo Gozzoli immortalisa l’entrée à Florence de ce majestueux cortège composé de chevaliers exotiques, vêtus de damas dorés et coiffés de chapeaux orientaux bombés. Du côté occidental, autour du pape Eugène IV se trouvaient les principaux dirigeants de la péninsule italienne ainsi que la curie et plusieurs…

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    L’hirondelle – un oiseau bénéfique

    Même si une hirondelle ne fait pas le printemps, cet oiseau familier est associé dans l’inconscient aux cycles de la nature mais également à la bonne fortune.   En Europe, elle annonce le retour des beaux jours mais aussi les jours saints de Pâques. Pour l’auteur, elle est également associée à la rentrée des classes quand dans son village, commençaient les longs rassemblements – fort bruyants – sur les fils électriques. C’est sans doute pour cela que l’hirondelle est un des oiseaux les plus appréciés des humains et que tous les chasseurs respectent. L’oiseau, objet de divination Les superstitions et les préjugés qui sont à l’origine de la quasi-disparition du grand corbeau ou de la chouette ont protégé l’hirondelle. Autrefois les paysans pensaient qu’en détruisant un nid d’hirondelles, le lait de leurs vaches serait mêlé de sang, donc cela portait malheur. Une autre manière de dire qu’il ne faut pas…

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  • Revue

    Beethoven, le modèle héroïque du sacrifice

    « Je ne peux donc chercher un point d’appui qu’au plus profond, au plus intime de mon être ; ainsi, à l’extérieur, il n’y en a absolument aucun pour moi. […] Pauvre Beethoven, c’est toi qui dois créer tout en toi-même. » Ludwig van Beethoven Il existe peu de figures héroïques dans l’art. Souvent, nous pensons aux héros des mythes et légendes, qui nous inspirent en nous offrant des modèles de perfection, et nous incitent à des comportements et à des choix plus audacieux. Mais nous pouvons aussi nous tourner vers des personnages de l’histoire récente, artistes de surcroît, comme Ludwig Van Beethoven. Beethoven est un compositeur allemand né à Bonn en 1770 et mort à Vienne en 1827. On pourrait dire que son histoire fait déjà partie du mythe dans le monde des arts classiques, car qui ne connaît le compositeur sourd ? Celui qui a perdu le sens physique primordial…

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