Derniers articles
-
Revue
Edgar Morin, une lumière s’est éteinte, une grande voix s’est tue
Ce vendredi 29 mai 2026 Edgar Morin nous a quitté à l’âge de 104 ans. J’adresse une pensée chaleureuse à sa famille et ses proches pour la perte d’une présence si marquante. J’ai eu l’honneur et le plaisir de rencontrer cet homme généreux et ouvert dans les années 80/90. Notre recherche anthropologique et notre intérêt commun pour Mircea Eliade nous avait permis de nous rencontrer. Il m’avait fait l’honneur de co-animer en 1987 un colloque sur « L’homme et la cité » et d’accepter par la suite des entretiens pour des publications que je dirigeais, en particulier un entretien sur la nécessité de réapprendre à dialoguer avec les mythes. J’ai été profondément marqué par son ouverture d’esprit qui le rendait curieux de tout et faisait de lui un exemple vivant de la pensée décloisonnée qu’il a promue toute sa vie, refusant de stigmatiser qui que ce soit, et cherchant, au contraire, à…
Lire la suite » -
Revue
Edgar Morin, un penseur sans frontière
C’est un grand esprit du siècle qui nous a quittés ce 29 mai 2026 à l’âge de 104 ans. Sociologue, philosophe, humaniste, reconnu dans le monde entier, Edgar Morin, docteur honoris causa de trente-huit universités à travers le monde, refusa toute sa vie l’enfermement dans une quelconque chapelle, développant au fil de sa vie une pensée décloisonnée et innovante. Connu comme le philosophe de la pensée complexe, Edgar Morin aura inlassablement tenté de faire dialoguer les savoirs, les arts, la science, la politique et la philosophie dans une démarche éclectique, en rupture avec la pensée cartésienne et réductrice. Une jeunesse engagée Il fut un homme engagé même s’il refusait ce terme préférant se dire « voué à une cause » (1). Il écrit dans Un siècle de vie : « Ma culture humaniste m’a dès l’adolescence rendu soucieux du destin de l’humanité. » Assoiffé de connaissance, il raconte :« Je…
Lire la suite » -
Revue
Éditorial : Luis Enrique ou quand le foot rejoint la philo
Décidément, il s’est passé quelque chose avec le PSG, club de foot devenu au fil des années le symbole d’un monde fait d’individualités brillantes et d’égos surdimensionnés. Dans cet univers où chacun cherche davantage à briller qu’à servir le collectif, le talent existait sans jamais produire cette beauté ni cette grandeur particulière qui dépassent la médiocrité quotidienne. Les joueurs, comme beaucoup de jeunes de leur âge, prisonniers de la logique contemporaine, voulaient réussir en solo, sans discipline, être admirés sans se transformer, récolter avant d’avoir construit. Baigné dans la culture des réseaux sociaux, de l’instantanéité et de l’exposition permanente de soi, chacun voulait montrer sa différence et sa valeur. Et c’est là que les choses deviennent intéressantes : ils ont 25 ans en moyenne, et leur problématique n’est pas différente de ceux que l’on regroupe aujourd’hui sous le terme de génération Z.Pour cette génération entre agitation permanente et sentiment d’impuissance,…
Lire la suite » -
Revue
À lire : Apocalypse, passage d’un monde à l’autre
Constatant la multiplicité et la gravité des crises que nous traversons, l’auteur, analyste jungienne, propose de lire L’Apocalypse de Jean comme le récit symbolique d’une destruction/reconstruction permettant l’émergence de nouveaux mondes. L’homme est présenté comme étant, de tout temps, un être religieux, vivant immergé dans le sacré et dont la vie psychique est partie intégrante du réel. Il y a une réalité de l’âme, tant individuelle que collective.Au-delà de l’homme, c’est l’univers entier qui est constitué de matière et d’esprit. Tenter d’évacuer cette spiritualité, au profit d’une matérialité objectivable, ne peut se traduire que par la manifestation violente d’un retour de refoulé. L’univers, dans son immensité, est apparu et disparaitra. Il en va de même des animaux, des plantes, des hommes et des civilisations. Tout système porte en lui sa construction, sa transcendance – sa capacité à atteindre un niveau supérieur – puis sa propre destruction, sa capacité à mourir…
Lire la suite » -
Revue
Ce que la science et la technologie ne peuvent nous apporter
Les progrès scientifiques et techniques du XXe siècle ont conduit de nombreuses personnes à croire – en suivant la ligne d’autres philosophes et érudits des siècles précédents – que les maux de la guerre et ses conséquences pouvaient être définitivement éliminés. Une nouvelle culture, une nouvelle façon d’envisager la vie, de nouvelles perspectives pour la répartition des richesses sur terre, de nouvelles formes de gouvernement plus libérales : tout cela devait contribuer efficacement à éloigner le spectre des conflits meurtriers entre nations. On tenait pour acquis que le respect des droits de l’homme et l’amour que tous les êtres ressentent pour la paix, apporteraient une ère de prospérité, une ère où la violence n’aurait plus sa place. Malheureusement, il n’en est rien. Contrairement aux attentes, même si l’on ne peut parler de guerres mondiales opposant de vastes blocs de pays alignés sur une idéologie ou une autre, nous assistons au…
Lire la suite » -
Revue
Platon et le secret des pythagoriciens
On le présente souvent comme le père de la philosophie occidentale. Pourtant, dans l’ombre de Platon, plane une silhouette plus ancienne et mystérieuse : Pythagore. Le monde est-il le fruit du hasard ou d’un plan mathématique parfait ? Pour Platon, la réponse ne faisait aucun doute. Mais cette certitude, il la doit en grande partie à une école de pensée dont le nom résonne encore dans nos salles de classe : les pythagoriciens. Si Platon cite rarement ses prédécesseurs – le secret étant la règle d’or chez les disciples de Pythagore – son œuvre, et particulièrement son dialogue le Timée, transpire de leur doctrine. Le nombre, roi de l’univers Pour les pythagoriciens, tout est nombre. Les mathématiques ne sont pas de simples outils de calcul, mais les principes mêmes de la réalité. Platon a repris ce flambeau en plaçant les nombres au cœur de son « Monde des Idées ». Pour lui, comme pour…
Lire la suite » -
Revue
Au cœur du chaos, garder son âme. Les Kogis et la fidélité créatrice
Pendant douze ans, l’autrice s’est engagée dans l’ONG Tchendukua-Ici et Ailleurs, qui accompagne les peuples premiers de la Sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie, à récupérer leurs terres, sauvegarder leurs savoirs et à préserver la biodiversité. Parmi eux, les Kogis, gardiens d’un savoir cosmologique millénaire, lui ont enseigné le retour au sens au regard des lois qui nous façonnent, celles de la nature. Cet essai explore la résonance entre leur enseignement ancestral et notre époque en mutation, et ce qu’ils peuvent nous transmettre pour traverser le chaos sans perdre notre âme. La première fois qu’on franchit la ligne noire, on ne voit rien. Rien ne la signale aux yeux profanes. Pourtant, tout bascule. Un cercle de pierres est dessiné dans la terre. Avant d’y entrer, il faut se défaire de tout ce qui appartient au monde que l’on quitte : téléphone, chaussures, lunettes, sac à dos. Objets ordinaires. Signes…
Lire la suite » -
Revue
Le symbole de Gilgamesh, l’homme qui ne pouvait pas mourir
Mythe suméro-babylonien millénaire, l’épopée de Gilgamesh nous parle de la destinée de l’homme qui se révèle à travers les épreuves quotidiennes. Dans nos cours, nous étudions les traductions des tablettes et des rouleaux sumériens, babyloniens et autres textes qui nous ont été légués par les peuples des IIIe et IVe millénaires avant notre ère. Dans cet héritage, nous trouvons des références au mythe de Gilgamesh.Nous analyserons ce mythe d’un point de vue symbolique plutôt que technique, afin qu’il puisse intéresser chacun d’entre nous. Le mythe de Gilgamesh est peut-être le plus ancien exemple connu du héros qui combat contre le dragon, contre les forces obscures, contre les ennemis. Gilgamesh est le prototype de ce qui deviendra Héraclès en Grèce, qui sera Hercule chez les Romains, et plus encore, de saint Georges lui-même dans son combat contre le dragon, à travers toute la mythologie médiévale. Gilgamesh est un prototype qui va…
Lire la suite » -
Revue
Siegfried, le héros qui apporte la paix par l’amour
L’opéra « Siegfried » de Richard Wagner est un hymne à la nature et à l’aventure héroïque qui fait passer le héros, de l’ombre à la lumière, pour aller à la conquête de son identité vers son propre destin. En janvier dernier, l’Opéra Bastille de Paris a produit l’opéra Siegfried de Richard Wagner, sous la direction de Pablo Hera-Casa et l’excellent ténor Andreas Schager dans le rôle de Siegfried. Une opportunité de se pencher sur la symbolique du héros wagnérien. Le thème de Siegfried Siegfried est le troisième volet de la monumentale tétralogie de Richard Wagner, L’Anneau du Nibelung, qui nous mène du monde des dieux à celui des hommes. Dans le prologue, Alberich, le seigneur du peuple nain des Nibelungen, vole le trésor de l’Or du Rhin et forge l’Anneau. Wotan (le roi des dieux) le lui dérobe pour payer des géants. Alberich maudit quiconque possèdera l’Anneau. Dans La Walkyrie,Wotan engendre…
Lire la suite »
