
Le titre du dernier ouvrage de Jacqueline Kelen « On ne pactise pas avec la mort » éveille un sentiment d’urgence face aux débats sur la fin de vie. Avec cet essai militant et moral, l’auteur, philosophe souhaite nous alerter et défendre la valeur sacrée de la vie.
« Derrière l’arbre se cache la forêt » dit le dicton. Le combat pour le droit à mourir et le progrès de la liberté individuelle ne cacherait-il pas, de façon sournoise et silencieuse, un glissement civilisationnel ?De pages en pages, avec la plume que nous connaissons à l’auteur, Jacqueline Kelen développe une réflexion incisive sur le regard à porter sur la fin de vie. Elle vient nous interroger sur les fondements anthropologiques et moraux des projets de légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté.
Ainsi, elle nous interroge : lorsque la vie humaine est évaluée à l’aune de la performance, de l’autonomie ou de la qualité biologique, certaines existences risquent d’apparaître comme moins dignes d’être vécues. Dans ce contexte, l’aide à mourir pourrait devenir l’expression d’une logique utilitariste où la fragilité, la dépendance ou la maladie sont perçues comme des défaillances à corriger.
Contre cette perspective, Jacqueline Kelen rappelle la dignité intrinsèque de la personne humaine, irréductible à ses capacités physiques ou à son utilité sociale. La vulnérabilité, loin d’amoindrir l’humanité, en révèle au contraire la profondeur. Pour l’autrice, la véritable réponse à la souffrance ne réside pas dans la suppression de la vie, mais dans l’accompagnement, la présence et la solidarité envers les plus fragiles.
Cet essai bref mais dense se présente ainsi comme un appel à la vigilance éthique. Refuser de « pactiser avec la mort » signifie maintenir vivante l’idée que la vie humaine demeure un mystère et un bien qui excède nos seuls critères d’efficacité ou de maîtrise.
Olivier LARRÈGLE
Directeur de Nouvelle Acropole Biarritz





