Philosophie

L’Espérance

« L’Espérance se fonde sur une expérience qui peut nous permettre d’appréhender le Réel moins tristement. Cette appréhension n’est pas sans courage, elle suppose… un désir d’Être, subsistant au cœur même de nos lucidités les plus rigoureuses. L’homme est un être à qui l’Être manque. De ce manque, il peut faire désespoir ou Espérance. »  Jean-Yves Leloup

Nous sommes bien souvent prisonniers de l’anxiété, cette agitation de l’âme, cette insatisfaction permanente, cette inquiétude indomptable… Ce mal rongeur nous consomme inutilement une extraordinaire énergie qui nous épuise. Nous perdons nos moyens et tombons dans la peur. C’est un état pernicieux qui s’est transformé en plus en maladie sociale, suscitée par le rythme accéléré et la tension conjuguée de nos vies.

Aujourd’hui, devant l’incertitude du futur, nous répondons trop facilement par l’anxiété… Elle se promène en nous avec son cortège d’impatience, de fragilité, de brutalité, de négativité, de mauvaise humeur… Il nous faut alors trouver dans notre Citadelle intérieure le chemin de la Force intérieure qui se développe à travers l’amour, sans doute en pensant moins à nous-mêmes pour travailler de manière plus désintéressée pour les autres. Car au fond de notre Citadelle intérieure il y a une grande amie oubliée, l’Espérance : un merveilleux dissolvant de l’anxiété.

« La vertu de l’Espérance est celle qui rend l’homme apte à avoir confiance et pleine certitude dans ses rêves ». Délia Steinberg Guzman

Mais d’où vient l’Espérance ?

Selon la mythologie grecque, Héphaïstos, dieu du feu de l’intérieur de la terre, modela en argile, une très belle femme, qu’il nomma Pandore. Elle est la première mortelle à posséder « tous les dons », tel est son nom. Si elle fut modelée par le dieu du feu, c’est de Zeus qu’elle reçut le souffle de la vie. Pandore épousa Épiméthée, « celui qui réfléchit après coup »… le frère de Prométhée, son contraire « le prévoyant »… Zeus lui fit porter par Hermès, le messager des dieux et des hommes, une dot de mariage. Il offrit à Épiméthée un coffre scellé mais en lui disant qu’il ne devrait jamais être ouvert. Mais la curiosité est des mortels !… et fascinée par le désir de connaître les secrets de ce mystère, la jeune épouse Pandore ne put résister à la tentation d’ouvrir la boîte scellée. Immédiatement, en sortirent toutes les maladies, misères, douleurs, souffrances… qui tourmentent depuis, toute l’humanité. Atterrée, Pandore s’efforça de fermer rapidement la boîte et lorsqu’elle y parvint, la seule chose qui était restée à l’intérieur était l’Espérance. D’où le nom fameux de « boîte de Pandore ».

Au final de cette bêtise humaine, toutes les souffrances de l’humanité s’échappent, faisant partie de l’impermanence du monde. Mais seule l’Espérance, comme un éternel breuvage nourrit l’âme des hommes.
C’est pourquoi il est nécessaire de prendre conscience que devant les difficultés auxquelles la vie nous expose, devant les grands problèmes à affronter, dans le fond il nous reste toujours l’Espérance.

Tous les maux s’échappent, l’Espérance reste. « La patience est une forme de foi »…enseignait Jorge Angel Livraga. Il nous faut « croire » en l’Espérance.
Car enracinée dans notre âme, elle nous révèle des trésors. Nos rêves se réaliseront grâce à elle et nous trouverons courage et constance, pour lutter contre nos petitesses.

Alors, toi, quelles sont tes Espérances ?

Exercice d’écoute musicale N°1 :
Pour laisser irriguer en nous-mêmes, cette belle vertu de l’Espérance, nous vous invitons à une méditation sur l’Espérance en musique, accompagné de Jakub Józef Orliński & Natalia Kawałek, « Addio, mio caro bene » de G.F Handel :
https://www.youtube.com/watch?v=DFX9MlxM2a0

Exercice philosophique N°2 :
Quelle est mon Espérance ? En quoi je mets mon espoir ? En quoi j’espère ? …

par Catherine PEYTHIEU

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